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L’hypersensible et le monde du travail

Trouver sa voie et un environnement de travail confortable peut être délicat pour une personne hautement sensible.

Nous peinons d’avantage souvent à prendre nos décisions, car l’entourage nous dicte ce que nous devrions faire ou dans quoi nous serions doués, ou bien parce que nous essayons d’imiter les autres, ou encore nous tentons de supporter ce qui pour une personne hautement sensible s’avère véritablement intolérable, si bien que nous mettons souvent davantage de temps pour trouver ce qui nous convient. Ainsi, nous sommes susceptibles de changer de travail ou de métier plus souvent que d’autres.

Pour moi, il n’y a pas d’erreur ni d’échec, le chemin est en lui-même un « apprenti-sage ». Tout est expérience et dans ma vision, un gagnant est celui qui a d’abord appris perdre (voir article ici et Les Vertus de l’échec de Charles Pépin). Je détaillerai dans cet article comment l’utilisation de l’intelligence émotionnelle chez les personnes hautement sensibles peut être une vraie force dans leur évolution professionnelle. Après avoir mis la lumière sur quelques uns des principaux challenges des « hyper/ultrasensibles », nous verrons sur quels « super pouvoirs » ils peuvent s’appuyer pour se frayer un chemin dans la « jungle » du monde du travail et finirons par évoquer quelques aspects pratiques pour améliorer sa qualité de vie au travail.

Les challenges de l’hypersensibilité au travail

Comprendre les règles sociales

Dans le cadre du travail, ce qui est prédominant, c’est un ensemble de règles du « vivre ensemble ». Les règles sociales sont la façon dont les hommes ont essayé d’éviter la violence. Ces règles sont une des premières conditions de la réussite de l’action collective. Elles sont un guide de comportement qui fixent des limites, en cas de dilemme notamment. Chaque personne hautement sensible est libre d’adhérer ou non à ses règles en fonction de ses limites personnelles, cependant, il restera toujours à accueillir qu’elles sont là, même si elles ne sont pas parfaites. La personne qui est dans la maitrise peut observer tous les côtés d’une situation, les comprendre, sans forcément en être d’accord, mais juste à un moment les accepter tels que.

Dans ces relations sociales, la profondeur et la qualité humaine des échanges (si chères aux personnes hautement sensibles!) seront, avec la plupart des personnes croisées, bien différentes de celles qui peuvent être vécue dans le cadre de relations amicales ou sentimentales. Mieux vaut être averti et clair-voyant que frustré ! Ce qui n’empêche pas des sympathies de naître….

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Quel piège pour une personne hautement sensible ?

Un des pièges est de confondre "résistance" et rejet. Tout hypersensible fera face à un phénomène de résistance dans le milieu professionnel dans lequel il évoluera. Il y a de l'exigence en lui pour des idées nouvelles, des exigences relationnelles plus authentiques...une envie de profondeur. Simplement par le fait de parler, d'être dans un certain état de présence, les personnes hypersensibles peuvent mettre en danger un certain consensus d'immobilité...ce consensus n'est pas une des règles sociales dont je parlais plus haut. Le piège est que l'égo de l'hypersensible ressente cela comme un "rejet" et qu'il se referme dans une morosité, un pessimisme, une perte de sens et d'utilité profonde face à ce constat. On ne peut pas imposer à l'autre ce que l'on ressent. Il y a peut-être d'avantage intérêt à travailler la façon dont on présente les choses et ces nouvelles idées (somme toutes parfois révolutionnaires) aux autres. L'important est de ne pas céder par rapport à ses valeurs et à ses convictions, mais d'arriver à faire le lien avec le monde de l'autre, de le connaître pour pouvoir y accéder. L'important est donc surtout de ne pas prendre les choses personnellement. Par exemple, sur le lieu du travail, avoir envie d'intimité émotionnelle peut être trop violent et dangereux à vivre pour certaines personnes. Le manque de bienveillance de la part des autres pourra être vu comme la résonance de leur propre enfermement et douleurs...

La tendance au burn-out

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Les personnes hautement sensibles ne sont pas plus fragiles que les autres !

Le burn-out, cela signifie être consumé de l’extérieur, comme si notre énergie avait disparu. Ce n’est pas un signe de déficience mais de sur-efficience.

Les personnes hautement sensibles prennent leur travail très au sérieux. On leur demande souvent plus que les autres, car on sent qu’elles prennent leur travail à cœur. Elles ont souvent du mal à dire non. Elles sont souvent plus fortes que les autres, moins paresseuses. Leur engagement, leur volonté de bien faire font qu’elles en oublient leurs propres limites. Elles en oublient ainsi leurs propres besoins. Il est donc très important quand on est hautement sensible de prendre en compte les signes avant-coureur du burn-out (voir ici les 12 signes et test en ligne).

Il est donc nécessaire de s’écouter et de se protéger parfois de son propre enthousiasme ! Il est vital d’oser reconnaitre la situation de façon objective.

Le cercle vicieux du surmenage

Nous vivons un temps où tout va très vite et où nous activons une grande sensibilité sensorielle par le nombre d'informations reçues. Nous sommes donc souvent trop sollicités en tant qu'hypersensibles et souvent, nous essayons de fuir ces situations stressantes et ces informations multiples. Mais souvent dans ce cas, plus nous essayons d'éviter une situation, plus elle grossit. Nous serons toujours sollicités, c'est juste la façon de vouloir répondre aux sollicitations qui est à revoir. En réalité, si nous sommes débordés, paradoxalement c'est qu'il s'agit d'un choix qui nous coûte moins d'efforts que de s'organiser. Le conseil ici serait de ne pas répondre aux sollicitations les unes après les autres "au fil de l'eau". Dans le cas du débordement, toute notre énergie est mise pour tenter de supporter la pression, et nous ne voyons plus le choix que nous avons. Le piège est de rester coûte que coûte dans le côté "stoïque" et résilient. Nous vivons avec plein de comportements automatiques: si un paquet de chips est posé devant la télé, nous le prendrons peut-être sans l'avoir choisi ... Il n'y a qu'une seule voie de sortie du débordement: c'est de faire un choix. De s'affirmer. Que peut-on reporter ? Que peut-on accepter ou non ? Au lieu d'essayer de se protéger ou d'appliquer, on essaiera donc de faire autrement, de sortir de cette idée de soumission. L'opposé du surmenage c'est une présence soutenue, ouverte. Ce n'est pas le calme, c'est être engagé dans ce que l'on fait. Le désengagement au contraire nous fait perdre la notion de sens, d'où la sensation de vide.

Trouver sa vocation

Une vocation est ce qui fonctionne pour nous, ce qui nous « appelle ». C’est le POURQUOI nous sommes nés

Pouvoir vivre de sa vocation représente une belle réalisation de soi. Toutefois, nombreuses sont les personnes hautement sensibles qui ont du mal à trouver ce point de convergence.

Un grand nombre d’artistes ou de musiciens, par exemple, déplorent qu’on ne les rémunère que s’ils se lancent dans une direction qui leur paraît trop commerciale ou contraire à leur convictions.

On peut au contraire avoir connaissance de sa vocation, mais la manière dont elle s’exerce aujourd’hui peut s’avérer trop stressante (par exemple le personnel soignant ou enseignant peut s’en plaindre actuellement).

Ou bien on peut avoir des « contraintes » apparentes dans son milieu de vie: par exemple, on croit ne pas pouvoir se former car on a des enfants à charge…

Il n’y pas qu’un seul « métier » ou domaine professionnel potentiel pour un hypersensible, mais celui-ci excelle particulièrement dans les rôles de conseiller avisé pour beaucoup de secteurs. Je donne ICI quelques idées concrètes de métiers potentiels en lien avec vos capacités émotionnelles ainsi que des exercices pratiques pour accompagner les challenges de la haute sensibilité.

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Source image: https://se-realiser.com/ikigai/

Comment pouvons-nous avancer ensemble ?

Tous ces éléments sont autant de causes, de paramètres à prendre en considération et à revisiter, à questionner en terme de bénéfices secondaires et/ou de croyances limitantes. Tel est le travail de "dépouillement et relecture" et de quête de SENS que je propose dans des accompagnements personnalisés. Nous partons à la recherche de votre "POURQUOI" et en allant débusquer ce qui peut vous limiter dans votre parcours. Bien sûr, votre libre arbitre, vos valeurs et personnalité sont totalement respectés dans ce parcours. Je ne joue que le rôle de miroir... Je me base sur différents outils et méthodes, dont la représentation de votre IKIGAI. Ainsi, dans la méthode de coaching nous travaillons par questionnements autour de points centraux: Qu'aimez-vous vraiment faire ? Est-ce quelque chose dont le monde a besoin ? Etes-vous « doué(e) », bon(ne) dans cette activité ? Est-ce une chose pour laquelle vous pouvez obtenir la reconnaissance (financière, sociale, relationnelle, etc.) qui vous correspond personnellement ?

L'organisation du travail et le mode de management

Femme brisant ses chaines

Les études montrent que la bonne entente et la solidarité entre collègues est la première raison de satisfaction au travail. Les personnes hautement sensibles, fortement réceptives aux atmosphères de travail s’épanouiront donc d’avantage dans des climats basés sur la confiance, l’échange de pratiques et de connaissances, le partage solidaire des tâches, avec un certain degré d’autonomie et de responsabilité laissés.

Les modes d’organisation du travail, comme les contraintes
de rythme, influencent le risque d’exposition aux risques
psychosociaux. Ces derniers sont fortement liés à l’impossibilité de faire correctement son travail par manque d’information, de coopération et de moyens.

La taille de l’entreprise, le mode de management et les valeurs de l’entreprise peuvent donc être des critères de sélection forts pour l’épanouissement des hypersensibles. Il est donc important de bien se connaître sur ces aspects.

Un autre critère fondamental à rechercher est le SENS global d’une activité professionnelle. Tous les métiers ont du sens, mais toutes les entreprises ne donnent pas assez de sens aux tâches des personnes…L’important est toujours de s’écouter, de rester proche de son intuition, de ne pas renoncer à ses valeurs.

Quelques idées émergentes

Il existe de nouveaux modes de management qui voient le jour depuis quelques années. Les personnes hautement sensibles pourront donc rechercher des entreprises s'éloignant du modèle "classique" vertical (ou hiérarchie pyramidale) où peu de liberté est laissée dans les méthodes de travail pour aller expérimenter des entreprises "libérées" (voir par exemple TEDX, Isaac Getz), formes organisationnelles dans lesquelles les salariés sont plus libres et responsables de leurs actions. Les entreprises fonctionnant avec des principes d'holacratie quant à elles permettent de disséminer les mécanismes de prise de décision au travers d'une organisation avec une autorité distribuée et des équipes auto-organisées. Les principes d'intelligence collective, de confiance, d'initiatives laissées peuvent très bien résonner avec les valeurs profondes des hypersensibles. Enfin, une autre piste est également celle de l’entreprenariat pour ceux ayant cet appel d'autonomie la plus forte ! Oser créer sa propre voie et son métier dans le contexte actuel où beaucoup de lignes directrices sont amenées à changer peut être une belle vision pour soi. D'ailleurs, 65% des enfants scolarisés actuellement exerceront un métier qui n’existe pas encore en 2030 !» C’est ce qu’a déclaré l’agence canadienne Wagepoint spécialisée dans le conseil aux entreprises, dans son infographie path of the generation Y & Z » qui informe sur le marché de l’emplo aux USA et les emplois phares en 2030.

Certaines situations de travail, comme le « job strain » ou le manque de reconnaissance au travail, accroissent les risques d’exposition aux facteurs psychosociaux avec des retentissements sur la santé physique et mentale. La personne hautement sensible pourrait donc chercher à se donner sa propre reconnaissance elle-même, en se définissant par exemple ses propres objectifs dans son périmètre d’action, sans attendre cette reconnaissance de l’extérieur (qui pourra venir…ou pas) et s’éviter ainsi de nombreuses insatisfactions et frustrations.

Sa propre organisation de travail est également à trouver, étant donné que le cerveau des personnes hautement sensibles fonctionne de façon arborescente et non linéaire le plus souvent (voir vidéo d’explication ici sur le fonctionnement du cerveau de l’hypersensible), ce qui peut conduire à des débordements d’idées mais sans passage à l’action.

Dans les méthodes que j’utilise pour accompagner les personnes, le retour à « soi m’aime », le développement de l’amour propre et de l’estime de soi sont quelques uns des jalons forts du parcours.

Les Super-pouvoirs des hypersensibles au travail

hommes main dans la main

Diplomate, empathique, à l’écoute, vous savez faire attention à l’autre, prendre en compte un nombre important de facteurs. Même quand la pression est forte, vous sentez le « pouls » des autres autour de vous. Cela permet d’accompagner à la recherche de solutions de façon globale, en tenant compte des différents points de vue. La capacité de voir loin, d’entrer dans une situation et la ressentir intuitivement est grande.

L’empathie contribue à l’établissement de relations et de cultures organisationnelles positives, et elle est également source de résultats. Des études récentes  montrent que l’empathie est la compétence de leadership la plus importante et la plus recherchée (Forbes, 2021).

Vous avez aussi la capacité de déceler des signaux faibles et de faire preuve d’innovation par votre côté visionnaire.

Vous êtes intègres et justes. Vous appréciez l’équité. Dans une carrière professionnelle, on peut compter sur les hypersensibles pour aller jusqu’au bout d’une mission ! Soyez en conscient…

Disponibles, curieux et ouverts, vous pouvez faire de très bons managers. Si vous vous connaissez assez et aimez relever ce challenge de « mise en lumière », vous pouvez totalement être en capacité de savoir comment accompagner des équipes, de solliciter des personnes, de reconnaître en eux leurs forces et de les accompagner sur leurs axes d’amélioration.

Conseils pour améliorer sa qualité de vie au travail

  1. Ne pas hésiter à personnaliser son espace de travail. Plantes, photos, pierres aux vertus apaisantes et sécurisantes (ex. labradorite, quartz rose…), voire diffusion d’huiles essentielles si cela est possible et ne gêne pas l’entourage

  2. Se mettre en mouvement le plus souvent possible. On pourra par exemple déjà changer d’itinéraire pour aller à son lieu de travail pour sortir de la routine et de la sorte créer un autre type de « mouvement » pour s’y rendre. On pourra faire des pauses, marcher pendant 15-20 minutes pendant le temps du déjeuner, aller chercher et boire de l’eau régulièrement…

  3. Pratiquer l’auto-massage, tout simplement celui des mains par exemples: partir de l’extérieur de la paume de la main en allant vers le centre. On pourra aussi frotter ses mains ensemble pour les réchauffer puis les poser en coquilles (cf. photo ci-contre) pour détendre les yeux et se relâcher tous les muscles et les tensions avec leur propre chaleur

homme mains sur les yeux

4. Pratiquer la méditation active: dans un 1er temps, on pourra regarder attentivement son environnement proche en balayant du regard chaque objet, contour, lumières et ombres, en étant plongé dans les détails de la pièce. Puis, à un autre moment, on pourra consciemment prendre contact avec ses points d’appui sur la chaise. On pourra ainsi travailler chaque sens après l’autre: la vue, le toucher, l’odorat, l’ouïe, le gout…

5. Pourquoi ne parler de sa sensibilité à des collègues proches ? Plutôt que de s’étiqueter « hypersensible », on pourra par exemple préférer dire « j’ai du mal avec les conflits en réunion ». Ce qui pourra également créer une connivence, voire découvrir d’autres personnes hautement sensibles dans l’entreprise ! N’oublions pas que le sentiment de solitude et de différence vient notamment du fait que l’on est entouré de personnes qui ne sont pas réellement elles-mêmes pour différentes raisons ! Elles aussi portent des « masques » pour se protéger…. alors on peut oser faire la « différence » en osant être soi, ce qui permettra à l’autre en face d’en faire peut-être autant si tel est son désir … Les personnes hautement sensibles sont aussi là pour ré-inventer les relations humaines, créer, imaginer un autre mode de communication … alors il n’y a qu’un pas à faire pour cela !

6. Faire des demandes claires et objectives à la hauteur de ce que vous apportez sur votre lieu de travail: bureau calme, temps de repos après déplacements, télétravail… et pourquoi pas même suggérer, si cela résonne, des actions d’amélioration collective du « vivre ensemble » dans votre lieu de travail, pour en faire profiter d’autres…par exemple: propositions d’interventions d’ateliers bien-être en entreprise/prévention et sensibilisation sur le stress au travail, suggestion de services collectifs (ex.: livraison de paniers de fruits/repas locaux, embellissement des lieux de pause et de convivialité….). Nn’oublions pas que le bien-être au travail est un des piliers de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) auxquels beaucoup de mangers sont de plus en plus sensibles heureusement !

Vous souhaitez vous mettre en mouvement vers votre « POURQUOI », améliorer votre qualité de vie au travail et/ou rebondir après une reconversion ou changement de cap professionnel ?

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